Elizabeth O'Neill Verner
Graveuse de la Renaissance
Elizabeth O'Neill Verner était une artiste, auteure, conférencière et militante pour la préservation du patrimoine, qui fut l'une des figures de proue de la Renaissance de Charleston. Elle a été qualifiée de « femme artiste la plus connue de Caroline du Sud au XXe siècle ». Elizabeth Quale O'Neill est née le 21 décembre 1883 à Charleston, en Caroline du Sud. Elle a d'abord étudié l'art avec Alice Ravenel Huger Smith. En 1901, après avoir fréquenté une école catholique pour jeunes filles à Columbia, en Caroline du Sud, elle s'est inscrite à l'Académie des beaux-arts de Pennsylvanie, où elle a étudié pendant deux ans auprès de Thomas Anshutz. Après avoir quitté l’académie, elle enseigna un temps l’art à Aiken, en Caroline du Sud. Elle retourna ensuite à Charleston, où elle reprit ses études artistiques avec Smith ainsi qu’avec Gabrielle D. Clements et Ellen Day Hale. Inspirée par Clements et Hale, elle fut membre fondatrice du Charleston Etchers Club et contribua à la création de la Southern States Art League. En 1907, elle épousa E. Pettigrew Verner, avec qui elle eut deux enfants. Verner ne devint artiste professionnelle qu’après le décès de son mari en 1925, qui la laissa comme unique soutien de ses enfants. Sur les conseils de Smith, elle s’efforça d’adapter son art afin de pouvoir subvenir à ses propres besoins. Comme certains de ses contemporains, elle choisit notamment de publier ses gravures dans des ouvrages intitulés, par exemple, Prints and Impressions of Charleston, destinés à être vendus aux touristes. Une autre voie consistait à rechercher des commandes, et elle finit par se spécialiser dans la réalisation de dessins de bâtiments historiques dans un but de préservation. Parmi ses clients figuraient le quartier historique de Williamsburg, la faculté de médecine de Harvard, l’Académie militaire des États-Unis, l’université de Princeton et l’université de Caroline du Sud. Verner a réalisé des eaux-fortes, des pointes-sèches, des dessins et (à partir de 1934) des pastels représentant Charleston, privilégiant les bâtiments, les scènes de rue et les paysages. Elle travaillait dans un atelier situé dans sa résidence au 38 Tradd Street. Elle devint également portraitiste, connue pour ses représentations d’Afro-Américains, en particulier les vendeuses de fleurs de la ville. Elle illustra occasionnellement des livres, notamment le roman Porgy de DuBose Heyward. Sur le plan stylistique, ses peintures relèvent du réalisme teinté d’impressionnisme, tandis que ses eaux-fortes et dessins sont des études aux détails nets et précis. Verner a beaucoup voyagé, visitant le Japon (1937), l'Europe, les Caraïbes et le Mexique. À Londres, elle a examiné certaines eaux-fortes de Rembrandt au British Museum. Pendant son séjour à Kyoto, au Japon, en 1937, elle a appris la technique du pinceau japonais et a réalisé environ 12 eaux-fortes. Elle a inspiré son amie Anne Taylor Nash à se mettre à la peinture, agissant un temps comme son professeur. En 1946, Verner a publié « Other Places », composé de 42 illustrations représentant des lieux autres que Charleston, accompagnées de ses propres commentaires. Elle est décédée le 17 avril 1979. Ses œuvres sont conservées par les Musées d’art de Harvard, le Delaware Art Museum, le Charleston Museum, le musée d’art de l’Université du Michigan, le Smithsonian American Art Museum, ainsi que d’autres institutions. La South Carolina Arts Commission décerne les Elizabeth O’Neill Verner Governor’s Awards for the Arts en son honneur.