Hyacinthe Rigaud

1659-1743 French

Hyacinthe Rigaud

Maître du portrait baroque royal

Jacint Rigau-Ros i Serra, connu sous le nom d’Hyacinthe Rigaud, était un peintre baroque catalan surtout célèbre pour ses portraits de Louis XIV et d’autres membres de la noblesse française. Hyacinthe Rigaud est né à Perpignan (Pyrénées-Orientales), petit-fils de peintres-doreurs du Roussillon et frère aîné d’un autre peintre (Gaspard). Il fut formé à la tailleur dans l’atelier de son père, mais perfectionna ses compétences de peintre auprès d’Antoine Ranc à Montpellier à partir de 1671, avant de s’installer à Lyon quatre ans plus tard. C’est dans ces villes qu’il se familiarisa avec la peinture flamande, hollandaise et italienne, en particulier celle de Rubens, Van Dyck, Rembrandt et Titien, dont il collectionna plus tard les œuvres. Arrivé à Paris en 1681, il remporta le prestigieux prix de Rome en 1682, mais, sur les conseils de Charles Le Brun, ne fit pas le voyage à Rome inclus dans la bourse. Rigaud fut reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1710, et il s’éleva au sommet de cette institution avant de prendre sa retraite en 1735. Les peintures de Rigaud capturant des ressemblances très exactes ainsi que les costumes et les détails du fond des sujets, ses œuvres sont considérées comme des archives précises des modes contemporaines. Rigaud est né avec le nom catalan Jyacintho Rigau ou Jacint Rigau i Ros. Ce nom est diversement traduit par Híacint Francesc Honrat Mathias Pere Martyr Andreu Joan Rigau – à Perpignan, qui devint partie de la France par le traité des Pyrénées (7 novembre 1659) peu après sa naissance. Rigaud a été baptisé avec son nom catalan dans l’ancienne cathédrale Saint-Jean de Perpignan le 20 juillet 1659, deux jours après sa naissance rue de la Porte-d’Assaut. Il ne serait pas devenu français si le Roussillon et la Cerdagne n’avaient pas été annexés à la France le 7 novembre suivant grâce au Traité des Pyrénées. Ce traité a également mis fin aux guerres qui avaient eu lieu entre la France et l’Espagne des Habsbourg depuis 1635 et a marié le roi Louis XIV de France à l’infante Marie-Thérèse d’Espagne. Le père d’Hyacinthe, Josep Matias Pere Ramon Rigau, était tailleur (sastre en catalan) dans la paroisse de Saint-Jean de Perpignan, « ainsi que peintre », issu d’une lignée d’artistes bien établis dans le bassin perpignanais qui avaient été chargés de décorer plusieurs tabernacles et autres panneaux à usage liturgique. Peu d’entre eux ont survécu jusqu’à nos jours (Palau-del-Vidre, Perpignan, Montalba-d’Amélie, Joch...). Le grand-père d’Hyacinthe, Jacinto l’aîné, et encore plus le père de Jacinto, Honorat le jeune, furent les chefs de file de la famille et du monde artistique local de 1570 à 1630 ; probablement autant doreurs que peintres, puisque dans leurs ateliers se trouvaient « de nombreuses estampes et livres traitant de l’art de la peinture, et d’autres choses, telles que des pinceaux et des palettes pour peindre ». Travaillant pour le collège Saint-Éloi de sa ville depuis 1560, et agissant en tant que représentant de sa guilde des peintres et doreurs, Jacinto major et d’autres doreurs et collègues ont participé, le 22 novembre 1630, à l’élaboration des statuts et des procès-verbaux du collège Saint-Luc de la ville. Honorat minor est généralement identifié comme le peintre de La Canonisation de saint Hyacinthe, anciennement dans le couvent dominicain de Perpignan et maintenant à Joch, du tabernacle de l’église de Palau-del-Vidre (28 mars 1609) et du retable de Montalba près d’Amélie-les-Bains. Le père d’Honorat minor est généralement identifié comme le peintre du retable de Saint-Ferréol (1623) dans l’église Saint-Jacques de Perpignan et anciennement dans le couvent des Minimes, tandis qu’Honorat major est habituellement identifié comme le peintre des peintures du retable de l’église Saint-Jean-l’Évangéliste à Peyrestortes. Le 13 mars 1647, le père d’Hyacinthe, Matias Rigau, épousa Thérèse Faget (1634–1655), fille d’un charpentier. Devenu veuf peu après, il décida de se remarier rapidement avec Maria Serra, fille d’un marchand de textiles perpignanais (pentiner en catalan), le 20 décembre 1655. En 1665, il acquit une maison « en lo carrer de las casas cremades » (aujourd’hui rue de l’Incendie, près de la cathédrale) et perçut les revenus d’une parcelle de vignes sur le territoire de Bompas. Par son second mariage, il acquit également une maison sur la place de l’Huile, mais il la vendit rapidement. Malheureusement, on sait peu de choses sur les activités de Rigaud à Lyon, en raison du manque de documents survivants. Cependant, selon la tradition, les artistes de Montpellier avaient des liens étroits avec cette ville, comme ce fut le cas par exemple pour Samuel Boissière qui y fut formé, à Lyon. L’identité des futurs modèles représentés par Rigaud montre qu’il travaillait pour les marchands de draps de la ville, dont le commerce florissant avait depuis longtemps procuré à la cité des revenus lucratifs. Même s’ils n’avaient été enregistrés qu’à partir de 1681, date à laquelle il s’installa à Paris, ses portraits « de jeunesse » furent probablement antidatés, comme ceux d’Antoine Domergue, conseiller du roi et gouverneur provincial de Lyon, en 1686, et de « M. Sarazin de Lion », issu d’une célèbre dynastie de banquiers d’origine suisse, en 1685. Le portrait par Rigaud de Jean de Brunenc, peint en 1687, marchand de soie, banquier et consul de Lyon, rassemble tous les ingrédients qui firent plus tard le succès du peintre. Dans sa thèse sur les graveurs de la famille Drevet, Gilberte Levallois-Clavel a révélé certains aspects des relations privées entre Rigaud et Pierre Drevet ; leur amitié est née au début des années 1700, après que le peintre eut réalisé un portrait du graveur, dans lequel il s’est également représenté. En 1681, lorsque Hyacinthe Rigaud décida de s’installer à Paris, inspiré par Drevet qui était également attiré par la capitale, il avait déjà établi une bonne réputation auprès de la clientèle locale, de la Suisse à Aix-en-Provence. Revenant à la biographie de l’artiste, Dezallier d’Argenville indique que l’une des principales raisons du voyage de Rigaud en 1695 était de peindre le portrait de sa mère : « Il la peignit sous plusieurs angles et fit réaliser son buste en marbre par le célèbre Coysevox, qui fut l’ornement de son cabinet pour le reste de sa vie ». Dans son premier testament, daté du 30 mai 1707, l’artiste légua le buste au Grand Dauphin, fils de Louis XIV, bien que la sculpture ait ensuite été léguée à l’Académie, ce qui explique sa présence au Louvre. Dans le même document, Rigaud légua le portrait contenant les deux profils de Maria Serra au fils aîné de son frère Gaspard, nommé Hyacinthe. En réalité, Rigaud a peint un second tableau, présentant les trois poses soumises à Coysevox : une toile ovale conservée dans une collection privée, copiée par Géricault à Dijon, et qui a fait l’objet d’une des gravures de Drevet. Il a également intégré au canevas des esquisses de sa sœur Claire, accompagnée de son mari et de leur première fille. L’année 1695 vit également la production de deux versions du Christ expiant sur la Croix, avec une influence flamande distincte, preuve de l’incursion rare de Rigaud dans le domaine des représentations historiques ou du « grand genre ». Il légua à sa mère la première version qui, à la mort de celle-ci, fut laissée au couvent des Grands Augustins de Perpignan, et donna la seconde, en 1722, au couvent des Dominicains de sa ville natale. Au printemps 1696, Hyacinthe Rigaud retourna à Paris, où il peignit l’un de ses portraits les plus importants de l’année. Celui-ci fut en réalité commandé par le duc de Saint-Simon, pour représenter Armand Jean le Bouthillier de Rancé, abbé, au moyen d’un subterfuge habile qui reste notable dans l’histoire de la peinture. En 1709, il fut anobli par sa ville natale de Perpignan. En 1727, il fut fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel. Rigaud mourut à Paris en 1743, à l’âge de 84 ans. Il fut l’un des peintres de portrait les plus importants sous le règne du roi Louis XIV. Son instinct pour les poses impressionnantes et les présentations grandioses convenait précisément aux goûts des personnages royaux, ambassadeurs, ecclésiastiques, courtisans et financiers qui posaient pour lui. Rigaud doit sa célébrité au soutien fidèle qu’il reçut des quatre générations de Bourbons dont il peignit les portraits ; à savoir le roi Louis XIV, puis son fils Louis, le Grand Dauphin, ensuite le petit-fils du roi (fils du Grand Dauphin) Louis, duc de Bourgogne (également appelé le Petit Dauphin), et enfin le petit-fils du Grand Dauphin (fils du Petit Dauphin), qui devint le roi suivant — Louis XV, qui succéda à son arrière-grand-père Louis XIV en 1715. Il recruta le cœur de sa clientèle parmi les cercles les plus riches ainsi que parmi la bourgeoisie, les financiers, les nobles, les industriels et les ministres du gouvernement, tout en courtisant tous les grands ambassadeurs de son époque et plusieurs monarques européens. Son œuvre se lit comme une galerie de portraits presque complète des principaux acteurs en France de 1680 à 1740. Une partie de cette œuvre (bien qu’une minorité) comprend également des personnes d’origines plus humbles – les amis de Rigaud, ses confrères artistes ou de simples hommes d’affaires. Rigaud est indissociable de son œuvre la plus célèbre, un portrait de Louis XIV en costume de sacre peint en 1701, qui est aujourd’hui exposé au musée du Louvre à Paris, ainsi que de la seconde copie également commandée par Louis XIV et qui se trouve désormais au château de Versailles. Il est renommé pour ses portraits de Louis XIV, de la royauté et de la noblesse européennes, ainsi que des membres de leurs cours, et est considéré comme l’un des portraitistes français les plus notables de la période classique.

Relationship Network

Master student

Fellow student

Friend

Influenced by

Influenced

Artworks by this artist (27 total)